Historique chateau

Le château est assis sur la colline de Brâme-Farine, l’un des balcons de Belledone, sur le territoire actuel de la commune de Pontcharra. L’endroit était appelé auparavant Bayard sans qu’on connaisse exactement la signification de ce nom (il existe en Isère un hameau appelé également le Bayard, 50 km au nord-ouest, près de Briord). On distingue facilement le château depuis la vallée, au sud de Pontcharra (ne pas le confondre avec l’élégante tour d’Avalon, située plus haut, un kilomètre environ au nord-est de la ville).

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Le château a été construit par l’arrière-grand-père du chevalier, en 1404, non sans mal. En effet, il avait négligé d’en demander l’autorisation au Dauphin, comme c’était la règle pour la construction de toute maison-forte.

Cet ancêtre, prénommé également Pierre, était vice-châtelain d’Avalon et descendait d’aïeux qui, depuis 4 générations, auraient combattu pour le roi de France. Selon le Loyal serviteur, la liste en serait la suivante :

  • Aubert, blessé à mort à la bataille de Varey (1325),
  • Robert, tué à Marelles (1333),
  • Philippe, tué à Poitiers (1356),
  • Pierre (I), tué à Azincourt (1415),
  • Pierre (II), le père du chevalier, gravement blessé à Montlhéry (1465).

Toutes ces batailles, sauf la première et la dernière, s’inscrivent dans la guerre de 100 ans. Celle de Montlhéry a été livrée par Louis XI contre une coalition de nobles, la ligue du Bien public.
Le chevalier Bayard est sans doute né et a passé son enfance dans ce château. En a-t-il été titulaire ? Probablement, puisqu’il agrandira le domaine.

Après sa mort, le château appartient à son frère Georges, puis à la fille de Georges, Françoise, épouse Copier. Elle n’a pas eu d’enfant et a vendu le château (et ses titres) en 1559 à Jean de Saint Marcel d’Avançon, ambassadeur à Rome (futur surintendant des finances sous Henri II), marié d’ailleurs à une fille Alleman.

Le mariage de sa fille Anne amène le château dans la famille de son mari, Balthazard de Simiane de Gordes (1581), puis dans celle des Simiane de la Coste (1677), seigneurs de Montbives et, enfin, à Jacques Durey de Noinville, leur gendre (1735). Depuis 1559, le château n’était plus habité ou très irrégulièrement ; il s’est donc beaucoup dégradé. Pendant les guerres de religion, il a servi de caserne temporaire aux troupes savoyardes et même de prison. Les batailles entre ces troupes et celles de Lesdiguières aux abords du château (1591) n’ont certainement pas amélioré son état 1.

Après la Révolution

Le fils de Jacques Durey et de Françoise-Pauline de Simiane, Louis-Alphonse Durey de Noinville, émigré sous la Révolution, a été le dernier seigneur de Bayard. Ses biens ont été saisis et vendus en 1795. Un officier en garnison au fort de Barraux, le colonel Maurin, a voulu alors sauver les archives du château.

Illustration ; Le château en 1833, croquis de Debelle (BMG

Il les a rassemblées dans dix caisses qu’il a expédiées à un ami parisien. Ces caisses ne sont jamais arrivées à destination. Ainsi ont disparu les archives de la famille Terrail.

CHATEAUBAYARD

Le château, lui, était en ruine bien avant la Révolution. Ses pierres avaient même servi de matériau de construction alentour, malgré les protestations de quelques érudits dauphinois (plus tard, en 1823, on en utilisera pour constituer le socle de la statue de Bayard, place St-André). Plusieurs propriétaires se sont succédés — huit entre 1795 et 1811 — mais ils n’ont ni habité ni restauré le château. Il en sera de même entre 1819 et 1854, avec le propriétaire Antoine Delandine de Saint-Esprit, auteur d’un livre sur Bayard et prête-nom du roi Charles X. Couvert de dettes, Delandine vend le domaine aux enchères ; c’est Jacques Raffin qui l’achète.

En 1858, le curé de Grignon, Jean-Baptiste Bertrand, s’y aménage une demeure pour sa retraite en réparant au mieux une partie de la bâtisse, avec l’accord et l’aide du propriétaire légal (Raffin).

Alphonse Daudet a visité le château en 1880. Il en a laissé un témoignage dans son roman Numa Roumestan, dans lequel c’est son [anti]-héros qui effectue cette visite depuis la station thermale d’Arvillars [Allevard]. Daudet nous donne quelques précisions : le château Bayard, dont les deux tours poivrières, piètrement restaurées, se distinguaient sur un plateau. […] Une servante …, aux ordres d’un vieux prêtre, ancien desservant des paroisses voisines, qui habite Château-Bayard, a la charge d’en laisser l’entrée libre aux touristes.

Le château a été classé monument historisque en 1915

.

En 1942, les papeteries de Moulin Vieux à Pontcharra, achètent la demeure au fils de Raffin ; leur PDG, Paul Escarfail, va habiter, consolider et restaurer la maison. Il sera président des Amis de Bayard jusqu’en décembre 1993.

Le château appartiendra par la suite à plusieurs personnes privées. En 1975, sous le mandat de Jean Menetrey, la mairie de Pontcharra a signé un bail emphytéotique avec le propriétaire l’autorisant à installer un musée dans la maison carrée. Le nouveau propriétaire ne souhaite pas rendre possible la visite du château, ce qui a conduit à la fermeture du musée dans ce site historique